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Banque de Ressources Consacrées au Réveil | |
Richard
et Sabina Wurmbrand
LA VOIX DE L'EGLISE DU SILENCE
Compilé par Ensemble Rebâtissons
la Maison
Le pasteur Richard
Wurmbrand était un ministre évangélique qui passa
14 années de sa vie emprisonné et torturé par les
communistes dans son pays natal de Roumanie. Il était l’un des
responsables les plus connus de croyants juifs en Roumanie. Il fut aussi
l’auteur de nombreux livres sur la persécution et la consécration
totale à Christ. En 1945, lorsque les communistes se saisirent
de la Roumanie et tentèrent de contrôler les églises
à leurs fins, Richard Wurmbrand commença immédiatement
un ministère "souterrain" efficace en faveur de son peuple opprimé
et des soldats de l’occupation russe. Il fut finalement arrêté
en 1948. Richard passa trois années de solitude totale, ne voyant
personne d’autre que ses tortionnaires communistes.
Biographie
de Richard Wurmbrand
Sa femme, Sabina, également
juive, fut une esclave ouvrière agricole pendant trois ans. A cause
de son statut international de responsable juif messianique, les diplomates
d’ambassades étrangères s’enquirent de sa sécurité
auprès du gouvernement communiste. On leur répondit qu’il
s’était enfui de Roumanie. La police secrète, déguisée
en collègues prisonniers relâchés, dit à son
épouse d’assister à son enterrement dans le cimetière
de la prison. Le pasteur Wurmbrand fut relâché à l'occasion
d'une amnistie générale en 1964. Réalisant le danger
d’un troisième emprisonnement, des chrétiens de Norvège
négocièrent avec les autorités communistes sa libération
de Roumanie. Le "prix pour la liberté" pour un prisonnier était
de $1900. Le prix qu’elles fixèrent pour Wurmbrand était
de $10 000. En mai 1966, il témoigna devant le Sous-comité
Interne de Sécurité du Sénat à Washington,
et se mit torse nu pour montrer dix-huit blessures profondes dues à
la torture recouvrant son corps. Son histoire fut rapportée par
des journaux du monde entier, aux Etats-Unis, en Europe et en Asie.
Le pasteur Wurmbrand a été
appelé "la Voix de l’Eglise Souterraine". Ses livres sont des best-sellers
dans plus de 50 langues. Vous pouvez obtenir une copie gratuite de son
livre "Tortured for Christ" (Torturé pour Christ) en vous abonnant
à la lettre de nouvelles sur la liste de diffusion de Voice
of Martyrs ou en appelant Voice of Martyrs au
numéro +1-800-747-0085.
Richard Wurmbrand fonda l'organisation
"Voix des Martyrs", œuvre destinée à venir en aide aux chrétiens
persécutés dans le monde entier. Il décéda
à l'hôpital dans l’après-midi du samedi 17 février
2001, aux Etats-Unis. Avec lui s’éteignit l’un de ces témoins
martyrs de la foi - dont parle Hébreux 11- de notre époque
contemporaine.
"Mes prisons avec Dieu"
Notre
christianisme en Occident, de par la liberté de culte et le confort
matériel dont nous jouissons, a exclu l'expérience de la
souffrance comme moyen divin de croissance à la fois individuelle
et collective. La profondeur du vide intérieur, l’adversité
des puissances démoniaques opposées à l’Evangile
de Jésus-Christ et animant les idéologies humaines qui contrôlent
les terres des martyrs – Russie, Corée du Nord, Chine, Laos, pays
islamistes, etc.- sont étrangères à notre expérience
chrétienne normale. Or les saints les plus consacrés, dans
toute l'histoire de l'Eglise, ont connu les épreuves les plus atroces
et les privations les plus pénibles. Le sang précieux de
ces hommes et femmes persécutés pour leur foi parle mieux
que celui d'Abel. Il nous transmet la transpiration de leur âme,
et nous communique les larmes qu’ils ont versées. Richard Wurmbrand
est l'un de ceux-ci. Il passa 14 années dans les prisons communistes
de Roumanie, dont près de 3 années de solitude complète
en cellule d'isolement. Les nombreuses expériences qui furent les
siennes sont décrites dans un grand nombre de livres qui devinrent
des best-sellers. Dans un de ses livres, il raconte dans un poème
ce qui fut l'une de ses plus profondes expériences spirituelles:
"Seul dans ma cellule, maintenant,
je pouvais sentir presque physiquement la présence de Satan. Il
faisait sombre, froid, et il se moquait de moi. La Bible parle de lieux
retirés où les esprits mauvais dansent, et j'étais
dans un de ces lieux. J'entendais sa voix, jour et nuit: "Où
donc est ton Jésus? Ton sauveur ne peut pas te sauver. On t'a menti,
et tu as menti aux autres. Il n'est pas le Messie ! Tu t'es trompé
de personne!" Alors j'ai crié: "Et qui est le vrai Messie
qui doit venir?" La réponse fut simple, mais trop blasphématoire
pour être répétée ici. J'avais écrit
des livres et des articles prouvant que Jésus était le Messie,
mais je n'avais pas même un seul argument à présenter.
Le diable, qui était parvenu à faire douter en prison Nils
Hauge, le grand évangéliste norvégien, qui avait
fait de même à Jean Le Baptiste dans son donjon, s'acharnait
contre moi. J'étais sans défense. Ma joie, et ma sérénité,
tout s'en était allé. J'avais senti le Christ si proche
de moi auparavant, enlevant mon amertume, illuminant mes ténèbres,
mais à ce moment je criais: "Eli, Eli, lama sabachtani".
J'étais totalement seul, abandonné. Durant ces jours effroyables
de noirceur, lentement j'ai composé un poème, qui ne serait
pas aisément accepté par ceux qui n'ont pas connu les mêmes
expériences physiques et spirituelles. Ce poème me sauva.
Avec ces mots, leur rythme, et leur répétition, j'ai réussi
à vaincre Satan. Voici, sans les rimes, ni le rythme, le poème
dans son sens exact traduit du roumain :
Depuis
mon enfance j'ai fréquenté églises et temples,
En eux, Dieu est glorifié.
Différents prêtres chantaient, avec zèle.
Ils disaient qu'il était bon de T'aimer.
Mais en grandissant, je vis tellement de malheurs
dans le monde de ce Dieu que je me dis à moi-même:
"Il a un cœur de pierre. Autrement, il ôterait les difficultés
de notre chemin."
Des enfants malades luttant contre la fièvre dans des hôpitaux,
pendant que leurs parents prient pour eux.
Le Ciel reste sourd.
Ceux que nous aimons partent pour la vallée de l'ombre et de la
mort,
et pourtant nous avions prié très longtemps.
De jeunes hommes innocents brûlent vif dans une fournaise.
Et le Paradis est silencieux.
Il laisse les choses se faire.
Dieu ne s'est-Il jamais posé la question si, même à
voix basse,
les croyants eux-mêmes ne commençaient pas à douter?
Affamés, torturés, persécutés dans leur propre
patrie,
leurs questions demeurent sans réponse.
Le Tout-Puissant n'est pas concerné
par les horreurs qui sont notre lot.
Comment puis-je aimer le Créateur des microbes,
et des tigres mangeurs d'hommes?
Comment puis-je aimer Celui qui torture tous Ses serviteurs
parce que l'un d'eux une fois a mangé d'un arbre?
Plus triste que Job, je n'ai plus ni femme, ni enfants, ni consolateurs,
Et dans cette cellule, il n'y a pas de lumière, pas même
un peu d'air,
c'est trop dur à supporter.
De mon lit en planche, ils me feront un cercueil.
Étendu sur mes planches, je me demande encore
pourquoi mes pensées vont vers Toi,
pourquoi mes écrits vont vers Toi?
Pourquoi j'ai cet amour passionné pour Toi,
pourquoi je n'arrive pas à chanter à quelqu'un d'autre qu'à
Toi?
Je sais que je suis rejeté;
dans un petit moment, je serai dans un trou, en train de pourrir.
La fiancée du Cantique des cantiques ne t'aime pas
lorsqu'elle demande si Tu es "correctement aimé".
L'amour est à lui-même sa propre justification.
L'amour n'est pas pour les hommes sages.
Même si mille embûches se dressaient sur sa route, elle continuerait
d'aimer.
Même si le feu la brûlait ou si les vagues l'emportaient,
elle continuerait d'embrasser la main qui la blesse.
Si elle ne trouve aucune réponse à ses questions, elle a
confiance et elle attend.
Un jour, dans ces lieux retirés, le soleil brillera
et tout ce qui est caché sera révélé pleinement.
Le pardon de ses nombreux péchés n'a fait qu'augmenter l'amour
ardent de Madeleine.
Mais elle a donné son parfum, et versé ses larmes
avant que Tu ne lui adresses les mots du pardon.
Si ces mots n'étaient pas sortis de Ta bouche, elle serait restée
là,
à t'aimer, en restant dans ses péchés.
Elle t'aimait avant que Ton sang ne se mette à couler.
Elle t'aimait avant que Tu ne la pardonnes.
Je ne demande pas non plus s'il est bon et légitime de T'aimer.
Je ne T'aime pas pour obtenir un jour le salut.
Je t'aimerai même si mes malheurs durent éternellement.
Je T'aimerai jusque dans le feu de l'enfer.
Si Tu avais refusé de descendre jusqu'aux hommes,
Tu serais resté mon rêve, lointain.
Si Tu n'avais pas voulu semer Ta Parole,
je T'aurais aimé sans l'avoir entendue.
Si le jour de la Crucifixion, Tu avais hésité et même
si Tu T'étais enfui,
et que le salut n'existerait pas, je T'aimerais quand même.
Et si j'avais découvert qu'il y avait du péché en
Toi, je le couvrirais de mon amour.
Maintenant, je n'ai plus peur de dire les paroles d'un fou,
pour que tous sachent combien je T'aime.
Maintenant, je vais faire vibrer des cordes que personne n'a jamais touchées
et je vais Te magnifier avec une musique nouvelle.
Si des prophètes annonçaient quelqu'un d'autre,
je les quitterais pour rester avec Toi.
Qu'ils produisent un millier de preuves, mon amour n'ira qu'à Toi.
Si j'étais divinement averti que Tu fus un trompeur,
en pleurant je prierais pour Toi,
Et même si je ne Te suivais pas dans l'erreur,
mon amour ne diminuerait pas pour Toi.
Pour Saül, Samuel passa sa vie dans le jeûne et les larmes.
Même si j'apprenais que Tu avais perdu, mon amour résisterait.
Si c'était Toi et pas le diable qui T'étais révolté
contre le ciel,
et avais perdu la sympathie des anges,
Si Tu étais tombé comme un archange, de haut, de très
haut, sans espoir,
Moi je continuerais d'espérer que le Père Te pardonne
Et qu'un jour Tu marcherais de nouveau dans les rues pavées d'or
du Ciel.
Si Tu n'étais qu'un mythe, je fuirais la réalité
et me réfugierais avec Toi dans le rêve.
Si l'on me prouvait que Tu n'existes pas, c'est mon amour qui Te donnerait
la vie.
Mon amour est fou, sans motif et sans raisons, comme le Tien.
Seigneur Jésus, trouve un peu de bonheur dans ce lieu où
je me trouve.
Je ne puis pas t'offrir plus.
Lorsque j'eus écrit
ce poème, je n'ai plus jamais senti la proximité de Satan.
Il était parti. Dans le silence, je sentais le baiser de Christ.
Tout le monde est silencieux quand on l'embrasse. Le calme, et la joie
revinrent. "
" …Je passai deux années,
isolé dans une cellule. Je n’avais rien à lire, rien pour
écrire. J’avais mes pensées pour seules compagnies. Or j’étais
un homme d’action plus qu’un contemplatif.
Avais-je vraiment vécu
pour servir Dieu, ou simplement exercé ma profession [de pasteur]?
Les gens s’attendent à ce que les pasteurs soient des modèles
de sagesse, de pureté, de sincérité; ils ne peuvent
pas toujours l’être véritablement, parce que ce sont aussi
des hommes; ils commencent donc dans une plus ou moins grande mesure par
jouer le jeu, puis au fur et à mesure que le temps passe, ils sont
incapables de dire quelle part de comédie il y a dans leur comportement.
Je me souvenais du profond
commentaire qu’écrivit Savonarole sur le Psaume 51 alors qu’il
était en prison et tellement roué de coups qu’il ne put
signer ses propres "aveux" que de la main gauche. Il disait qu’il y a
deux sortes de chrétiens : ceux qui croient sincèrement
en Dieu et ceux qui, tout aussi sincèrement, croient qu’ils croient.
On peut les reconnaître à leur comportement dans les moments
décisifs. Si un voleur qui avait projeté de cambrioler une
riche demeure aperçoit dans les parages un inconnu qui pourrait
être un policier, il se cache. Si, réflexion faite, il pénètre
quand même dans la maison, cela prouve qu’il ne croit pas que l’homme
est un représentant de la loi. Nos actes témoignent de nos
convictions.
Croyais-je en Dieu ? L’heure
de vérité avait sonné. J’étais seul. Il n’y
avait pas de salaire à gagner, pas d’avis précieux à
prendre en considération. Dieu ne m’offrait que la souffrance :
allais-je continuer à L’aimer ?
… J’appris peu à peu
que sur l’arbre du silence pousse le fruit de la paix. Je commençais
à prendre conscience de ma vraie personnalité, et à
être sûr qu’elle appartenait au Christ. Je découvris
que même dans cette cellule mes pensées et mes sentiments
se tournaient vers Dieu et que je pouvais passer nuit après nuit
en prières, exercices spirituels et louanges. Je savais à
présent que je ne jouais pas la comédie et que je croyais
à ce que je croyais.
Je mis au point une routine
à laquelle je me tins durant les deux années suivantes.
je restais éveillé toute la nuit. Lorsqu’à dix heures
la sonnerie donnait le signal du sommeil, je me mettais à l’œuvre.
Quelquefois j’étais triste, quelquefois joyeux, mais les nuits
n’étaient jamais assez longues pour tout ce que j’avais à
faire.
Je commençais par
une prière d’où les larmes, des larmes de reconnaissance
souvent, étaient rarement absentes. Les prières, comme les
signaux radio, s’entendent mieux la nuit; c’est alors que se livrent les
plus grandes batailles spirituelles. Ensuite, je prononçais un
sermon comme je l’aurais fait à l’église, débutant
par "frères bien-aimés", dans un chuchotement que nul garde
ne pouvait entendre et terminais par "amen". Je prêchais avec la
plus grande sincérité. Je n’avais pas besoin de me préoccuper
de ce que penserait l’évêque, de ce que dirait la congrégation,
de ce que les mouchards répéteraient. Je ne prêchais
pas dans le vide. Chaque sermon est entendu par Dieu, ses anges et ses
saints; mais je sentais qu’il y avait aussi parmi mes auditeurs invisibles
ceux qui m’avaient amené à la foi, mes ouailles vivantes
ou mortes, ma famille et mes amis. Ils étaient "cette nuée
de témoins" dont parle la Bible. Je faisais l’expérience
de la "communion des saints" du credo."
Après 14 années
d’emprisonnement, de sévices et de tortures dans les prisons communistes
de Roumanie, Richard Wurmbrand, retrouvant finalement la liberté,
dit qu’il eut l’impression en quittant ce monde carcéral où
il fit de puissantes expériences spirituelles au milieu de ses
souffrances, que c’était comme redescendre de la montagne de Dieu.
Il explique plus loin, dans
son ouvrage "Mes prisons avec Dieu" (p. 41) :
"…Tous les chrétiens
ne sont pas des disciples du Christ, dans le vrai sens du terme. L’homme
qui entre chez le coiffeur pour se faire raser ou qui commande un costume
chez le tailleur n’est pas un disciple, mais un client. De même
celui qui va au Sauveur seulement pour être sauvé est le
client du Sauveur, non son disciple. Le disciple est celui qui dit au
Christ : "Comme j’aimerais faire le même travail que toi ! Aller
d’un endroit à un autre pour en chasser la peur et lui substituer
la joie, la vérité, la consolation et la vie éternelle
! "
" … Des millions d’êtres
humains invoquent le Père chaque jour. Mais puisque nous sommes
les enfants de Dieu, et puisque les enfants partagent les responsabilités
de leur père, alors ces prières s’adressent aussi à
nous. Le Père que tous prient n’est-il pas dans mon cœur ?
Ainsi lorsque je dis "Que
ton nom soit béni", j’ai moi-même à bénir le
nom de Dieu. "Que ton règne vienne", je dois lutter pour abattre
les puissances du mal qui régissent une grande partie du monde.
"Que ta volonté soit faite", et la volonté des bons, non
celle des méchants. "Pardonne-nous nos péchés", il
faut aussi que je pardonne; "Délivre-nous du mal", je dois donc
faire tout ce que je peux pour libérer l’homme du péché".
Biographie
de Sabina Wurmbrand
Peu de femmes ont été
éprouvées dans leur foi comme Sabina Wurmbrand. Pendant
les quatorze années d’emprisonnement de son mari, Richard Wurmbrand,
les communistes lui dirent de nombreuses fois : " Divorce d’avec
lui, il est mort ". Mais Sabina écouta la petite voix calme
de Dieu, sachant que son mari étai vivant. Pendant ce temps, Sabina,
de façon désintéressée, s’occupa des autres
croyants de l’Eglise Souterraine qu’ils avaient démarrée
ensemble tout en se battant durement pour sa survie et celle de leur petit
garçon. Sabina fut assujettie à des privations et des souffrances
incroyables.
Les Nazis assassinèrent ses parents,
quatre de ses frères et sœurs et cinq enfants adoptés, et
pourtant elle ne devint jamais amère ou pleine de ressentiment
mais continua à manifester de l’amour envers tous. Sabina ne réfréna
jamais ses efforts pour poursuivre l’œuvre que son mari avait initiée,
celle d’unir l’Eglise Souterraine. Vivant dans la crainte quotidienne
d’être découverte, sa foi fut testée jusqu’à
ses limites et elle demeura ferme dans son amour pour le Dieu d’Israël.
Elle fut elle-même arrêtée en 1948 pour avoir évangélisé
de façon subversive en Roumanie et passa trois années comme
esclave ouvrière agricole sur le Canal Danube qui ne fut jamais
achevé. Néanmoins elle survécut afin de raconter
son histoire. Elle est véritablement une remarquable femme de Dieu.
Son livre " The Pastor’s Wife " (La Femme du Pasteur) est un
livre incontournable que chacun devrait lire.
Se Préparer
à la Souffrance et à la Persécution en Occident
De tels témoignages nous aident à
ressentir, en tant qu'Eglise libre d'Occident, une partie de l'agonie
et de l'affliction des chrétiens de l'Eglise du silence, pour lesquels
suivre Jésus-Christ équivaut à une sentence de mort.
En face d'un engagement si total pour le Sauveur, nos modèles
d'adoration, de consécration et de maturité chrétiennes
dans nos pays libres, ne semblent-ils pas devenir en réalité
bien fades. Qu’avons-nous fait de la Croix du Sauveur? Que signifie pour
nous "renoncer à tout pour suivre Christ"? Quels sont
nos modèles de foi et d'excellence chrétiennes? Avons-nous
un seul moment intégré l'idée de la souffrance et
de la persécution dans notre croix quotidienne et dans notre vie
communautaire d'église? Y sommes-nous préparés?...
La sclérose de la
foi en Occident ne peut être imputée qu'à la pléthore
de nos richesses et à la multitude de nos occupations individuelles
ou ecclésiales, en apparence légitimes et nécessaires,
mais ne constituant certainement en vérité que des oeuvres
inutiles et mortes dont nous ne pouvons pas nous passer. Il est fort probable
que nous soyons devenus si riches en nous-mêmes que nous n'avons
plus besoin de Dieu, et que nous ne Le désirons pas au point que
ce désir soit devenu une question de survie, et même de vie
ou de mort. Nos maisons sont remplies d'abondance et fleurissent dans
le confort de notre société de consommation et de hautes
technologies - et dehors, le monde soupire et agonise, croûle dans
la misère et meurt dans ses péchés! Notre christianisme
rejette vigoureusement la promesse des persécutions que nous a
laissée Jésus (Marc 10:30). Notre piété est
bien souvent un vêtement de paille qui n’a pas en elle la force
pénétrante de l’amour sacrificiel véritable pour
Christ. Cette parole du pieux Sadhou Sundar
Singh ne peut être plus appropriée : "Dire que
le christianisme est un échec en Europe et en Amérique est une grave erreur
et n'est pas basé sur l'expérience. Pourtant, dans mes voyages en Occident,
j'ai trouvé les gens si occupés par leur travail, leurs affaires, leur
bureau, leur commerce, qu'ils n'ont plus de temps pour prier et recevoir
les bénédictions de l'Evangile."
Richard Wurmbrand a dit :
"Dans un pays libre, pour être membre d’une église, il est suffisant
de croire et d’être baptisé. Dans l’Eglise souterraine, ce n’est pas suffisant
d’en être membre. Vous pouvez être baptisés et vous pouvez croire, mais
vous ne serez pas un membre de l’Eglise souterraine à moins que vous ne
sachiez comment souffrir... Il est fort probable que vous ayez la foi
la plus puissante du monde, mais si vous n’êtes pas préparés à souffrir,
alors le jour où vous êtes pris par la police, vous aurez deux claques
et vous ne déclarerez rien. Ainsi la préparation à la souffrance est l’un
des éléments essentiels dans la préparation du travail souterrain. Un
chrétien ne panique pas s’il est jeté en prison. Pour le croyant ordinaire,
la prison est un nouvel endroit où il peut témoigner pour Christ. Pour
un pasteur, la prison est une nouvelle paroisse. C’est une paroisse sans
grands revenus mais avec de grandes opportunités de travail. Je parle
un peu de cela dans mon livre " With God In Solitary Confinement " (Avec
Dieu en Cellule d'Isolement)."
Dans nos propres pays démocratiques,
nous hésitons à témoigner de Christ ouvertement de
peur d’être traités de sectes ou de fanatiques; la crainte
des hommes nous entraîne même à dénoyauter l’Evangile
de sa substance vivifiante, pour ne communiquer à la place qu’un
message sans force en nous rabaissant à employer des méthodes
impies des mondes du spectacle, du marketing ou de la publicité
pour "faire passer le message sans choquer" et pour éviter
de porter l'opprobre de Jésus. Combien faible sera notre foi lorsque
la persécution ouverte fondra sur les enfants de Dieu !
Vivre "les mêmes souffrances
qui sont imposées à nos frères dans le monde" (1
Pierre 5:9) ne peut pas s'improviser du jour au lendemain. Une préparation
est nécessaire. Bien-aimés saints de Dieu, armons-nous de
la pensée de souffrir pour la cause de Christ et pour Son nom,
car le moment vient bientôt où chacun de nous devra se trouver
confronté à la décision ou non de suivre Christ quoi
qu'il en coûte. Reconnaissons comme l'apôtre Pierre notre
confiance excessive en nous-mêmes et notre humble besoin de la grâce
de Dieu. Oh! que nous soyons déterminés à nous repentir
de nos tiédeurs et compromis, en prenant le sac et la cendre, et
en nous humiliant nous-mêmes sous Sa main puissante car l’heure
est déjà avancée, et la fournaise ardente annoncée
par les prophètes vient !
Il est quelque chose de
grave et de solennel que le Seigneur veut nous faire revivre en Occident,
c'est l'épreuve de notre foi, plus précieuse que l'or périssable
(1 Pierre 1:7), à travers la souffrance et la persécution.
Les plus grands saints dans l'histoire de l'Eglise, ceux qui nous ont
transmis les révélations les plus profondes sur la beauté
de Christ et l'immensité infinie de Sa grâce, sont ceux qui
ont été purifiés, façonnés, et travaillés
dans les détresses les plus inimaginables et les prisons les plus
solitaires : Daniel, Joseph, Elie, Jérémie, l'apôtre
Paul, Jean-Baptiste, Jérôme
Savonarole, John Bunyan, Watchman
Nee, Samuel Rutherford, etc.. Tertullien avait raison d'affirmer que
le sang des martyrs a toujours été la semence de l'Eglise.
Tiendrons-nous devant Lui à l’heure de l’épreuve, de la
persécution, du rejet, de la famine?
Souvenons-nous de ces quelques
pensées que John Bunyan nous livre à propos de son incarcération
lorsque viendra la persécution :
"Avant
mon incarcération, j'avais prévu ce qui devait m'arriver et deux choses
brûlaient dans mon cœur sur la façon dont je pourrais faire face à la
mort, si j'en arrivais là. Je fus poussé à prier, à demander à Dieu
de me fortifier "à tous égards par sa puissance glorieuse, en sorte
que vous soyez toujours et avec joie persévérants et patients. Rendez
grâces au Père."
Pendant toute l'année qui précéda
mon arrestation, je ne priais presque jamais sans que ce verset des
Ecritures ne me revienne à l'esprit et sans que je ne comprenne que
pour souffrir avec patience et surtout avec joie, il fallait une grande
force d'âme.
"La seconde considération fut dans
le passage suivant: "Et nous regardions comme certain notre arrêt
de mort, afin de ne pas placer notre confiance en nous-mêmes, mais de
la placer en Dieu, qui ressuscite les morts." Grâce à ce verset
je compris que si j'en arrivais à souffrir comme je le devais, premièrement
je devais condamner à mort tout ce qui appartenait à notre vie, considérant
ma femme, mes enfants, ma santé, les plaisirs, tout, enfin, comme morts
pour moi et moi pour eux.
"Je résolus, comme dit Paul, de ne
pas regarder les choses qui se voient, mais celles qui ne se voient
pas; parce que les choses qui se voient sont temporelles alors que celles
qui ne se voient pas sont éternelles. Et. je compris que si je m'étais
préparé seulement à la prison, je pourrais à l'improviste être appelé
aussi à être fouetté ou attaché au pilori. De même si je m'attendais
seulement à ces châtiments, je ne supporterais pas celui de l'exil.
La meilleure façon de supporter les souffrances était d'avoir confiance
en Dieu, pour ce qui était du monde à venir, et pour celui-ci, il fallait
considérer le tombeau comme ma demeure, dresser ma couche dans les ténèbres
et dire à la décomposition: c'est toi mon père et à la vermine: Ma mère
et ma sœur (Job 17:13-14)."
Par la bouche de Paul, le
Saint-Esprit nous dit que c'est par les tribulations du Royaume que la
profondeur incommensurable de l'amour de Christ pourra être expérimentée
pleinement dans nos coeurs. Par dessus tout, le Seigneur Lui-même
saura nous fortifier et nous affermir afin que notre foi ne défaille
pas. Même dans les tragédies les plus sombres, nous serons
cachés dans l'amour du Sauveur, ayant l'espérance de l'éternité
de gloire avec Celui qui nous a tant aimés.
"Qui
nous séparera de l’amour de Christ? Sera-ce la tribulation, ou l’angoisse,
ou la persécution, ou la faim, ou la nudité, ou le péril, ou l’épée? selon
qu’il est écrit: 'C’est à cause de toi qu’on nous met à mort tout le jour,
qu’on nous regarde comme des brebis destinées à la boucherie.' Mais dans
toutes ces choses nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a
aimés.Car j’ai l’assurance que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les
dominations, ni les choses présentes ni les choses à venir, ni les puissances,
ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous
séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur.”
(Romains 8:35-39).
Ainsi, la souffrance est
l'unité de mesure de l'amour de Dieu révélé
à nos coeurs, dans la dimension de l'éternité divine,
ainsi que l'instrument de choix de Dieu pour nous rendre semblables à
Son Fils. La glorification des fils de Dieu passe par cette pédagogie
divine, douloureuse mais purificatrice - seuls l'amour véritable
pour Jésus et notre abandon confiant à Sa grâce feront
de nous des vainqueurs de la foi tels ceux de Hébreux 11.
"L'amphithéâtre
de Rome… Une poignée d'hommes et de femmes firent leur entrée. Certains
priaient, certains chantaient, même des chants de louange ! Ils ne semblaient
pas voir les yeux injectés de sang des bêtes rendues folles par la faim.
Tous les yeux étaient levés. Ils lèvent les yeux haut, haut vers les
montagnes d'où leur viendra le secours, et jetés entre les mains d'un
sacrifice sanglant, ils élèvent une foi que toute la puissance de la
terre et de l'Enfer n'a pas été capable de détruire (...).
En plongeant notre regard dans cette
image venue des siècles, une grande question remplit nos cœurs: D'où
venait leur force? D'où venait leur courage ? (...) Ne les trouvons-nous
pas dans cette source qui envoya dix mille fois, dix mille des âmes
les plus brillantes, les plus précieuses dans notre monde désertique
- la source de l'Amour? Plantée il y a 19 siècles sur le mont du Calvaire,
en s'élevant tout droit à côté de la tombe et détruisant l'aiguillon
de la mort, et apportant la guérison aux nations, son essence n'a t-elle
pas été la motivation de tout vrai renoncement offert par les disciples
du Crucifié, à la fois au temps des martyrs et à notre propre époque?
C'était l'amour ! C'était l'amour
qui endurait. A travers les longues nuits sans sommeil des froides prisons,
à deux pas de la torture, lorsque le corps était affaibli par le manque
et la faim, c'était les pulsations de l'amour qui battaient fort; c'était
l'amour qui tenait ferme à travers les feux et n'était pas brûlé. C'était
l'amour qui traversait la mort et n'était pas anéanti.
Serez-vous trouvé parmi ce nombre?
La même grâce, la même victoire, le même Ciel sont nôtres pour le temps
présent et l'éternité par la puissance du même amour. Des batailles
aussi sombres peuvent être livrées, des luttes aussi longues et plus
longues peuvent être menées, et des conquêtes aussi grandes peuvent
être gagnées, afin qu'ici et dans l'au-delà devant Son trône, nous puissions
nous joindre à la grande et éternelle chorale de louange qui célèbre
la grâce victorieuse." - Love Is All (L'Amour Est Tout), Evangeline
Booth.
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